électricité & fromage

Peut-on créer de l’électricité avec du fromage ?

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Chaque année, les 650 agriculteurs de la zone Beaufort (Savoie), réunis en sept coopératives, produisent 128 000 meules de ce fromage au lait de vache à pâte cuite, soit 5100 tonnes en 2015. Mais la production d’un kilo de Beaufort génère pas moins de neuf kilos de petit-lait (ou lactosérum, issu de la coagulation du lait), jusque-là transformés en poudre de lait à Verdun. Au prix de 800 000 km de transport par an, et de plus de 1000 tonnes équivalent carbone en émissions de gaz à effet de serre. Dans cette opération, les agriculteurs payaient les frais de transport mais gagnaient peu d’argent sur la revente du lactosérum. D’où l’idée de construire une usine à Albertville : celle-ci non seulement transforme le lactosérum en poudre de protéine (500 tonnes par an) mais elle produit aussi du beurre (300 tonnes), un fromage appelé la ricotte (40 tonnes) et de l’électricité.

Comment produire de l’électricité ?

Les effluents et les eaux de lavage de l’usine passent en effet dans un méthaniseur où elles sont transformées en biogaz, qui lui-même fait tourner un cogénérateur produisant eau chaude et courant. Savoie Lactée fabrique ainsi l’équivalent de la consommation d’électricité de 1500 personnes par an, revendue à EDF à un tarif préférentiel. A la sortie du méthaniseur, une eau presque pure est rejetée dans l’Isère. Opérationnelle depuis l’été 2015, l’usine a coûté 13 millions d’euros, dont 2,5 millions de subvention, et a permis l’embauche de 10 personnes. Les transports de lactosérum ont été divisés par dix. Et la production d’électricité génère un revenu d’appoint qui permet d’amortir les coûts de traitement des effluents du petit-lait.

Il existe aujourd’hui une dizaine de méthaniseurs de petit-lait en France. Mais l’usine des producteurs de Beaufort est la seule de cette taille à combiner transformation du petit-lait et méthanisation. Les coopératives laitières de Yenne et des Entremonts-en-Chartreuse (Savoie) sont d’ailleurs associées à l’usine. Et cet exemple pourrait donner des idées à d’autres producteurs de fromage, qui avaient l’habitude de se débarrasser de leur petit-lait en le vendant à des porcheries.

Source : caprural.org (CC BY-NC-SA 4.0)